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    Articles politiques

    09/08/2009

    Les dictateurs ont changé de recette

    Par Moisés Naím

    Comment rester au pouvoir indéfiniment en maintenant des apparences de démocratie?

    En guise de marmitons, choisissez des juristes plutôt que des lieutenants-colonels et comme ingrédients principaux, plutôt le référendum et l'amendement constitutionnel que le tank ou l'assaut sur le palais présidentiel. Les modes changent, surtout en cuisine, mais le résultat est toujours le même: les dictateurs parviennent à maintenir l'apparence de la démocratie tout en restant au pouvoir aussi longtemps qu'ils le peuvent.

    Bien sûr, cette constante ne saurait effacer les particularismes culturels et chaque pays accommode la recette au goût des élites locales. Ainsi, au Zimbabwe, la recette des élections qui maintiennent Robert Mugabe [2]au pouvoir depuis 29 ans émet un bouquet plus relevé que celle appliquée en Russie, où l'élection d'un nouveau président ne change rien au fait que Vladimir Poutine [3] continue de tirer toutes les ficelles. En Iran, où on apprécie un zest de religion et où le chef suprême du pays, Ali Khamenei, a affirmé que la victoire écrasante du président Mahmoud Ahmadinejad [4] était un «signe du ciel», les milices autorisées à tabasser les manifestants constituent une garniture des plus appréciées.

    En Amérique latine, la grande nouveauté est la manipulation de la constitution. Au Honduras, Manuel Zelaya [5] a essayé de suivre cette recette en modifiant la loi afin de rester au pouvoir pour un second mandat, mais il n'a réussi qu'à provoquer une indigestion chez les plus riches qui pourrait lui être fatale.
    Voici donc la recette qui fait aujourd'hui le succès des autocrates de tout poil.

    Ingrédients

    * Des millions de citoyens très pauvres.
    * Des inégalités abyssales.
    * Une pauvreté inimaginable cohabitant avec une richesse obscène.
    * De l'injustice, de l'exclusion et de la discrimination raciale.
    * Une corruption omniprésente.
    * Une élite politique et économique arrogante, persuadée que «nous contrôlons la situation, rien n'arrivera ici.»
    * Des partis politiques discrédités.
    * Une classe moyenne apathique, déçue par la démocratie, la politique et ceux qui la font.
    * Un parlement, une justice et des forces armées ramollies par un bain prolongé dans une marinade à base d'indolence, de gaspillage et de corruption. Il doit être facile d'acheter un juge, un sénateur ou un général.
    * Des médias que leurs propriétaires utilisent pour promouvoir leurs intérêts économiques ou politiques.
    * Une superpuissance étrangère neutralisée, distraite par d'autres priorités ou empêtrée dans trop d'aventures militaires.
    * Une opinion internationale atteinte de troubles de l'attention aigus et ne s'intéressant pas vraiment à la manière dont les autres pays sont gouvernés.
    * Un ennemi extérieur que l'on peut pointer du doigt. La CIA est l'exemple idéal, mais un pays voisin peut également faire l'affaire. Ou des immigrés ayant une couleur de peau différente. Si rien ne marche, essayez les Juifs et le Mossad.
    * Des «milices du peuple» bien armées, bien entraînées et prêtes à briser les membres de ceux qui s'opposent au régime. Il n'est pas nécessaire que ces milices soient très nombreuses. Il suffit que les brutes qui les composent intimident la population en pratiquant le tabassage, l'assassinat, l'enlèvement ou d'autres formes de violence.

    Préparation

    1. Secouez bien les populations les plus pauvres grâce à une campagne qui monte certaines catégories contre d'autres. Saupoudrez de ressentiment, de rancœur électorale et de populisme économique. Faites évaporer toute harmonie en faisant bouillir la marmite sociale.
    2. Prenez le pouvoir au cours d'élections démocratiques. Vous y arriverez plus facilement si vos rivaux sont corrompus et discrédités et si vous savez acheter les votes. Au cours de la campagne, proclamez votre volonté de lutter contre la corruption et de reprendre aux riches ce qu'ils ont volé aux pauvres.
    3. Après avoir remporté les élections, organisez-en d'autres, mais ne les perdez pas. Les élections ne servent pas à défendre la démocratie, mais à décorer votre assiette.
    4. Rafraîchissez le haut commandement militaire en nommant des officiers loyaux au président. Récompensez-les en leur faisant des cadeaux de toute sorte et punissez ceux qui manquent d'enthousiasme. Espionnez-les tous, tout le temps.
    5. Faites la même chose avec la magistrature.
    6. Lancez une campagne visant à obtenir la modification de la constitution par référendum. Obligez les employés des services publics à voter et assurez-vous que certains membres de l'opposition sont contre cette initiative. Persuadez le reste de l'opposition que son vote n'a aucun poids.
    7. La nouvelle constitution doit garantir tous les droits des citoyens, surtout les plus pauvres, tout en ramenant leurs devoirs et leurs obligations au minimum. Promettez de réduire la pauvreté et de faire disparaître les inégalités. Dans le texte lui-même, insérez des provisions, rédigées dans un langage incompréhensible pour l'homme de la rue, qui affaiblissent ou suppriment la séparation des pouvoirs, concentrent l'autorité dans les mains du président et lui permettent de se représenter indéfiniment.
    8. Discréditez, rabaissez, cooptez, achetez et réprimez l'opposition.
    9. Contrôlez les médias. Tolérez quelques voix critiques que personne n'écoute, cela vous permettra de faire taire ceux qui vous reprochent de museler la presse.
    10. Répétez le point trois, indéfiniment.

    Bon appétit !

    *Moisés Naím est rédacteur en chef du magazine Foreign Policy.

    Cet article a été publié par le Washington Post le 2 août 2009. Traduit par Sylvestre Meininge.

    Présidents à vie

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    Triste journée pour la démocratie en Afrique. Au Niger, l'un des pays les plus pauvres de la planète, le président Mamadou Tandja a obtenu de pouvoir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir. Au terme d'un référendum dont les résultats ont été publiés vendredi 7 août, plus de 90 % des Nigériens se seraient prononcés en faveur d'une prolongation de trois ans du mandat présidentiel. A cette échéance, M. Tandja, 71 ans, sera libre de se représenter autant de fois qu'il le souhaite. Le Parlement avait tenté de s'opposer au projet du chef de l'Etat ; il a été dissous. La Cour constitutionnelle avait invalidé le décret de convocation du corps électoral ; ses membres ont été limogés.

    Malheureusement, le président Tandja n'est pas le premier chef d'Etat africain à procéder à ce genre de coup d'Etat constitutionnel. Les exemples abondent. A la tête de son pays depuis plus de vingt ans, le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali a ainsi instauré une présidence à vie en Tunisie. Plus récemment, en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a sollicité et obtenu un troisième mandat, que la Constitution, modifiée pour l'occasion, lui interdisait auparavant. Oubliant leurs promesses, Idriss Déby au Tchad, Paul Biya au Cameroun ont, eux aussi, changé les textes fondamentaux et se cramponnent à leur siège sans que la communauté internationale y trouve à redire.

    Cette indifférence ne peut qu'inciter d'autres chefs d'Etat à faire de même. C'est bien ce qui risque de se produire à Djibouti, où le président Ismaël Omar Guelleh a annoncé qu'il allait briguer un troisième mandat, au mépris de la Constitution. La situation est plus caricaturale encore au Burkina Faso, pays voisin du Niger, où les proches du président Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 à la suite d'un putsch, commencent déjà à évoquer l'idée d'un changement de la Loi fondamentale pour autoriser un cinquième mandat présidentiel en... 2015.

    Cette quête artificielle de légitimité est de mauvais augure pour les pays africains où une élection présidentielle doit prochainement permettre une sortie de crise. C'est le cas en Guinée et, surtout, en Côte d'Ivoire.

    Après le président Barack Obama, Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, n'avait évidemment pas tort de rappeler, le 5 août à Nairobi, que la "bonne gouvernance" est une condition indispensable, sinon suffisante, du développement économique du continent. Cela commence par le respect des règles institutionnelles et démocratiques que chaque pays s'est données.

    Edito du Monde paru dans l'édition du 09.08.09.

    TRAFIC DE YACHTS: Deux neveux du président tunisien renvoyés devant la justice

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    Deux neveux par alliance du président de la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le vol du yacht du banquier Bruno Roger à Bonifacio (Corse-du-Sud) en 2006, seront jugés en Tunisie ou en France, a indiqué samedi le procureur général Paul Michel à l'AFP.

    Les frères Trabelsi, soupçonnés d'être les commanditaires du vol en France de trois yachts, avaient été mis en cause par les convoyeurs du yacht de M. Roger, lors de leur interrogatoire en 2006 à Ajaccio.

    "Les deux frères, Imed et Moaz Trabelsi, étant domiciliés en Tunisie et les faits qui leurs sont reprochés (la complicité de vol) ayant été commis hors du territoire national, une dénonciation officielle des faits a été transmise à la Tunisie. Il a paru plus simple au parquet de demander une disjonction des faits; les deux hommes devraient être jugés dans un délai raisonnable en Tunisie", a expliqué le magistrat.Le procureur a indiqué que ce délai n'avait pas de durée précise mais que "si la Tunisie ne les juge pas, la France pourrait le faire".

    Les deux frères ont été mis en examen en mai 2008 par un magistrat tunisien pour "complicité de vol en bande organisée", dans le cadre d'une commission rogatoire internationale délivrée début 2008 par le juge d'instruction du tribunal d'Ajaccio, Jean-Bastien Risson. Le juge a rendu le 31 juillet une ordonnance renvoyant 11 personnes, parmi lesquelles les deux neveux, devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio, révèle le Journal du Dimanche, à paraître dimanche. "L'audience aura lieu le 21 août", a précisé le procureur général.

    En mai 2008, le procureur d'Ajaccio, José Thorel, s'était rendu en Tunisie en compagnie du juge Risson. Il avait alors démenti toute tension diplomatique entre la France et la Tunisie. "S'il y avait eu des différends diplomatiques, la commission rogatoire n'aurait pas été exécutée par le juge d'instruction tunisien et nous n'aurions pas assisté aux auditions ainsi qu'aux perquisitions", avait-il déclaré. Deux des trois yachts avaient été volés sur la Côte d'Azur. Le troisième, volé à Bonifacio (Corse-du-Sud) et retrouvé à Sidi Bou Saïd (Tunisie) a été restitué à son propriétaire, le patron de la banque Lazard, Bruno Roger. (AFP - le 08/08/2009)

    07/08/2009

    Tunisie: l'avocat Samir Ben Amor se voit interdire de rendre visite à ses clients en prison

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    L'avocat tunisien Samir Ben Amor, spécialiste des affaires liées au terrorisme, a dénoncé vendredi l'interdiction qui lui est faite de rendre visite à ses clients en prison. Selon lui, cette mesure de "rétorsion" vise à le "sanctionner" pour avoir divulgué à la presse l'implication de deux officiers tunisiens dans la préparation d'attentats contre des militaires américains lors de leur séjour en Tunisie.

    L'information a, au demeurant, été démentie par les autorités qui affirment qu'"aucune mention ne figure dans le rapport d'enquête quant à la préparation d'agressions contre des militaires étrangers".

    "Je me suis rendu mercredi dernier à la prison de Mornaguia (près de Tunis) muni comme il est d'usage d'une autorisation judiciaire et, à ma surprise, les préposés de l'établissement carcéral m'ont signifié que j'étais interdit de visite sans en justifier les motifs", a déclaré l'avocat à l'Associated Press. "Ils m'ont juste signifié qu'ils appliquaient des instructions", a ajouté Me Ben Amor qui devait rencontrer huit prévenus incarcérés en vertu de la loi anti-terroriste. Les autorités accusent l'avocat -qui ne représente pas les deux officiers- de "déformation des données contenues dans le dossier de l'enquête" et de "dépassements professionnels passibles de mesures disciplinaires".

    Les deux officiers faisaient partie d'un groupe de 14 personnes dont six en fuite "soupçonnées d'appartenir à un groupe fondamentaliste extrémiste qui se préparait à commettre des actes criminels sur des personnes et des biens". Selon un communiqué gouvernemental, "les interrogatoires entamés par le juge d'instruction n'ont fait apparaître aucun élément confirmant l'implication des membres du groupe, y compris les deux militaires tunisiens, dans de tels actes". Après leur audition par le juge, tous les prévenus ont été remis en liberté en attendant leur procès. (AP - 07.08.2009)

    21:59 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, samir ben amor


    Al-Jazeera sous le coup d’une campagne de calomnie

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    Reporters sans frontières condamne la campagne de dénigrement lancée par les autorités tunisiennes, par l’intermédiaire des médias gouvernementaux ou proches du régime, contre Al-Jazeera en Tunisie. La chaîne satellitaire qatarie est en effet accusée, par les autorités, de servir de porte-voix à l’opposition au président Ben Ali. En cause notamment, la couverture, par la chaîne, du congrès du droit au retour des exilés tunisiens, organisé à Genève les 20 et 21 juin dernier. Au cours de cette manifestation, les participants ont appelé le président tunisien à autoriser le retour au pays d’opposants politiques en exil, malgré les peines de prison pour “délits d’opnion“ qui pèsent sur eux.

    « Cette campagne orchestrée par les autorités tunisiennes a pour but de discréditer Al-Jazeera. Dans ce pays où la liberté d’expression est réduite à une peau de chagrin, toute voix critique à l’égard des autorités est soit réprimée, soit conspuée. De telles pratiques sont réellement inquiétantes à moins de trois mois des élections présidentielle et législatives », a déclaré l’organisation.

    Depuis quelques semaines, les médias tunisiens proches du pouvoir, quelque soit leur forme, s’acharnent contre Al-Jazeera. On peut en effet lire dans de nombreuses publications de la presse écrite des articles insultant directement la chaîne, ses employés ainsi que le gouvernement du Qatar, où la chaîne a son siège. A l’instar des journaux gouvernementaux tels que La Presse et Al Hurriya, le quotidien Al Hadath a ainsi publié, le 7 août 2009, un article sur la chaîne qatarie. De plus, la chaîne pro-gouvernementale Hannibal TV a diffusé, le 29 juillet 2009, un talk show au cours duquel plusieurs professionnels des médias invectivaient les journalistes de la chaîne.

    Par ailleurs, Lotfi Hajji, correspondant d’Al-Jazeera en Tunisie, s’est plaint d’une intensification des restrictions à son encontre. En effet, le câble Internet de son domicile est coupé depuis plus d’un mois. Il a également été empêché par la police de rencontrer un défenseur des droits de l’homme, les 24 et 26 juin à Tunis. À noter également que depuis cinq ans, les autorités tunisiennes lui refusent son accréditation officielle.

    Cette stratégie, qui a pour dessein de ternir la réputation de la chaîne Al-Jazeera, reflète une volonté d’empêcher la chaîne de relayer, au niveau national et international, des informations critiques à l’encontre de la Tunisie.

    RSF - Communiqué -le 7 août 2009

    21:12 Ecrit par TUNISIA Watch dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie,

    Admin · ÔæåÏ 174 ãÑÉ · 0 ÊÚáíÞ
    09 ÛÔÊ 2009. 15.05:03

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